GNU/Linux est l’avenir du Green IT
La croissance exponentielle du nombre de machines (serveurs, ordinateurs de bureau et portable) a des aspects positifs mais aussi négatifs. Négatif surtout (uniquement ?) sur l’aspect écologique. Le nombre d’ordinateurs dans le monde a été estimé à 1 milliard en 2008. Avec l’émergence du marché au Brésil, en Inde, en Chine et en Russie, ce nombre pourrait doubler d’ici 2015. Cette croissance se manifeste par la prolifération de déchets parfois dangereux. Face à ces observations, la technologie « verte » (green IT) devient un enjeu de plus en plus important auquel la communauté GNU/Linux et ses partenaires contribuent. Le système d’exploitation GNU/Linux offre des solutions afin de limiter la consommation énergétique, l’émission de carbone et de déchets électroniques de nos machines (serveurs mais aussi ordinateurs de bureau et portable).
Comment GNU/Linux compte s’y prendre pour relever ce défi ? Tout d’abord, en consommant moins de ressource, économisant ainsi de l’énergie mais permettant aussi de ne pas avoir à changer de matériel tous les six mois. Ubuntu demande 300 Mhz, 64 Mb de RAM et 4 Go disponible sur le disque dur pour fonctionner correctement. Puppy Linux se contente d’encore moins. Windows Vista, quant à lui, demande 800 Mhz, 512 Mb de RAM et 15 Go d’espace disponible. Minimum.
Consommer si peu de ressources permet de faire fonctionner correctement du vieux matériel sous un système d’exploitation plus que correct (Ubuntu est une merveille
) . Par conséquent, la communauté du libre a mis en place des associations qui récupèrent, recyclent et réinstallent des ordinateurs sous GNU/Linux avant de les donner. Cependant, les machines recyclées restent confrontées à l’évolution des logiciels.
La virtualisation est une technique très répandue sous GNU/Linux. De plus en plus d’entreprises adoptent cette solution pour plusieurs raisons : sécurité, économie d’argent, écologie. La virtualisation permet de créer plusieurs serveurs virtuels dans une seule machine physique. Résultat ? Des économies d’énergie et une réduction considérable de déchets puisque moins de serveurs physiques sont créés.
GNU/Linux c’est aussi une meilleur gestion de l’énergie notamment avec le tickless kernel. Avant la version 2.6.21 du kernel (noyau), ce dernier était configuré de façon à toujours veiller afin de savoir si il y a quelque chose à faire. Normalement, un kernel vérifie tout les 4ms si une action lui est demandé. Depuis la version 2.6.21, le kernel est « réveillé » seulement si une tâche lui est demandé, ce qui permet au processeur de rester à son plus bas niveau de consommation pendant plus longtemps (plusieurs secondes). Pour savoir si le tickless kernel est activé sur votre machine tapez la commande suivante :
cat /boot/config-$(uname -r) | grep CONFIG_NO_HZ
Si le résultat est CONFIG_NO_HZ=y, tickless kernel est activé. Si le résultat est CONFIG_NO_HZ=n alors il ne l’est pas.
Pour finir je parlerais de l’hibernation. Les serveurs représentent une bonne part de la technologie « verte » mais la communauté GNU/Linux n’oublie pas les ordinateurs de bureau pour autant. L’hibernation permet de stopper (totalement) la consommation énergétique d’un ordinateur pendant une période d’inactivité. Le principe de l’hibernation est simple : avant de rentrer en hibernation, l’ordinateur copie le contenu de la mémoire sur le disque dur (sur la partition SWAP) puis s’éteint. Une fois l’ordinateur rallumé, le contenu SWAP sera remit en mémoire et vous retrouvez votre ordinateur comme s’il avait été juste mis en veille. En plus de faire des économies d’énergie vous pouvez gagner du temps et augmenter votre productivité. Personnellement, depuis que je l’ai essayé je ne peux plus m’en passer
. L’hibernation est disponible sur plusieurs systèmes d’exploitations notamment ceux de Microsoft mais le système est connu sous le nom de « veille prolongée ».
Les efforts consacrés à la technologie « verte » par la communauté GNU/Linux et ses partenaires sont de plus en plus importants. Je suis toujours étonné que GNU/Linux soit aussi peu utilisé sur les ordinateurs personnels. Selon moi ce n’est qu’une raison marketing. Le succès du Eee PC en est une preuve.
Source : IBM.com (anglais)
3 commentaires pour “GNU/Linux est l’avenir du Green IT”
Bonjour,
Excellent article ! J’en ai publié un complémentaire avec des ressources intéressantes dans les commentaires. voir ici : http://www.greenit.fr/article/acteurs/editeur/logiciels-libres-et-tic-durables-sont-lies
-Fred
+1 au top cet article ! J’apporterais un petit bémol cependant. Linux ne consomme pas forcément moins de ressources, certaines distributions (qui intègrent des interfaces graphiques lourdes) peuvent consommer autant qu’un Windows Vista. Et pourrait étendre la remarque à l’Open source, avec comme exemple Open Office.
Par contre, la force de GNU/Linux c’est son adaptabilité, le fait qu’on puisse trouver des distributions adaptées à de très petites configurations (donc permet d’utiliser le matériel plus longtemps -> réduction des déchets et évite la fabrication d’une nouvelle machine).
D’ailleurs, A part celles que vous citez dans votre article, quelles distributions conseilleriez vous à des particuliers (Donc une distrib clefs en main pour la bureautique et l’Internet) qui souhaitent « recycler » une vieille machine (disons moins d’1Ghz et moins de 512Mo) ?
Merci votre avis. Pour les machines moins récentes un Xubuntu peut faire l’affaire. Fluxbuntu est encore plus léger mais encore à l’état expérimental je crois. Toutou Linux a aussi la cote pour les vieux ordinateurs !
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